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OPTIMUM LIGHT
Éclairage public

La pollution lumineuse est-elle un vrai sujet ?

30 octobre 2026 · 8 min de lecture

Carte des lumières nocturnes du Maroc : les zones les plus lumineuses se concentrent sur l'axe Tanger – Rabat – Casablanca, autour de Marrakech et de Fès, et le long de la côte

La réponse courte

La pollution lumineuse, c'est toute lumière artificielle envoyée là où elle n'est pas utile : vers le ciel, dans les fenêtres des riverains, dans les yeux des conducteurs, ou en quantité supérieure au besoin. L'éclairage public n'en est pas la seule source (enseignes, façades, parkings, installations privées y contribuent aussi), mais c'est celle sur laquelle une commune a le plus de prise.
Bonne nouvelle : la plus grande partie de ce gaspillage se corrige au moment du choix du luminaire et de sa programmation, sans réduire la sécurité. Un luminaire LED bien conçu, bien orienté et piloté peut éclairer la chaussée en limitant fortement la lumière perdue.

Les quatre formes de pollution lumineuse

FormeCe qui se passeCause typique en éclairage public
Halo lumineuxLa lumière émise vers le haut (ou réfléchie par le sol) est diffusée par l'atmosphère et éclaircit le ciel nocturne au-dessus des villes.Luminaires « boules » ou globes, crosses inclinées, vasques bombées, flux mal orienté.
Lumière intrusiveLa lumière déborde de la zone à éclairer et entre dans les logements, les jardins, les espaces naturels.Optique inadaptée à la géométrie de la rue, mât trop haut ou mal placé.
ÉblouissementUne source trop lumineuse dans le champ de vision réduit la perception des contrastes et gêne la vision.Luminance élevée du luminaire, inclinaison excessive, absence de visière.
Sur-éclairageNiveaux d'éclairement supérieurs à ce que la voie exige, souvent toute la nuit.Dimensionnement « par sécurité », absence de gradation, pas de différenciation selon les heures.
Ces quatre formes ont un point commun : chaque lumen perdu est aussi un kilowattheure payé pour rien.

Ce que disent les chiffres mondiaux

Deux études de référence permettent de mesurer l'ampleur du phénomène :
  • L'atlas mondial de la brillance du ciel (Falchi et al., Science Advances, 2016) estime qu'environ un tiers de l'humanité ne peut plus voir la Voie lactée depuis son lieu de vie, et près de 80 % des Nord-Américains.
  • Une étude publiée dans Science en 2023 (Kyba et al.), fondée sur 51 351 observations citoyennes du ciel entre 2011 et 2022, conclut que la luminosité du ciel nocturne a augmenté d'environ 9,6 % par an à l'échelle mondiale (6,5 % en Europe, 10,4 % en Amérique du Nord). Les auteurs citent l'essor de l'éclairage LED blanc comme un facteur probable.
Ces observations portent sur la visibilité des étoiles à l'œil nu. Elles ne distinguent pas la part de l'éclairage public de celle des autres sources.

Pourquoi c'est un vrai sujet

  • Énergie et budget communal. La lumière envoyée vers le ciel ou au-delà de la chaussée est consommée sans être utile. Pour une commune, c'est une ligne de facture directement réductible.
  • Sécurité routière. L'éblouissement dégrade la perception des obstacles. Plus de lumière ne signifie pas automatiquement plus de sécurité : c'est l'uniformité et la maîtrise de l'éblouissement qui comptent.
  • Santé. En 2016, l'American Medical Association (AMA) a publié une prise de position sur l'éclairage public LED. Elle recommande des sources de 3 000 K au maximum, des intensités maîtrisées et un blindage correct des luminaires pour limiter l'éblouissement et l'exposition nocturne à la lumière riche en bleu, susceptible de perturber le sommeil.
  • Biodiversité. Insectes, oiseaux migrateurs et chauves-souris sont sensibles à la lumière artificielle nocturne. C'est l'un des arguments centraux des réserves de ciel étoilé.
  • Astronomie et astrotourisme. Au Maroc, le ciel du Haut Atlas et du Sud est un atout scientifique et touristique. Il ne se préserve que si l'éclairage des villes voisines est maîtrisé.

Les leviers techniques d'un éclairage public sobre

LevierCe qu'il faut demanderPourquoi
ULR (Upward Light Ratio)Part du flux émise au-dessus de l'horizontale, idéalement proche de 0 %. Luminaire monté à plat, sans inclinaison.C'est la source directe du halo. En France, l'arrêté du 27 décembre 2018 impose un ULR < 1 % à l'installation (≤ 4 % mesuré in situ).
Température de couleur (CCT)3 000 K ou moins en zone résidentielle, plus chaud encore près des sites sensibles.Moins de bleu, donc moins de diffusion atmosphérique et moins d'impact biologique. Recommandation de l'AMA ; plafond de 3 000 K dans l'arrêté français de 2018.
Optique adaptéePhotométrie routière choisie selon la largeur de voie, l'interdistance et la hauteur de feu.La lumière reste sur la chaussée et n'entre pas dans les façades.
GradationDriver programmable (abaissement nocturne, profil horaire) ou télégestion.Le besoin baisse fortement au milieu de la nuit ; la consommation et le halo baissent avec lui.
Extinction ou détectionExtinction partielle sur certaines voies, ou détection de présence.Pas d'éclairage quand personne n'en a besoin.
Dimensionnement justeCalcul selon la classe d'éclairage de la voie (EN 13201), sans surdimensionnement.Évite le sur-éclairage dès la conception.
Ces exigences s'écrivent directement dans un cahier des charges : ULR, CCT, classe photométrique, profil de gradation.

Le paradoxe LED

La LED est la technologie qui permet le mieux de maîtriser la lumière : optiques précises, flux orienté vers le bas, gradation fine, pilotage à distance. Pourtant, l'étude de Kyba et al. (2023) cite l'essor des LED blanches comme un facteur probable de l'augmentation de la brillance du ciel.
Ce n'est pas contradictoire. Le résultat dépend de la façon dont la LED est déployée :
  • Températures de couleur froides (4 000 K et plus), plus riches en bleu, qui se diffuse davantage dans l'atmosphère.
  • Effet rebond (hypothèse) : la lumière devenant moins chère, on en installe davantage (plus de points lumineux, de nouvelles zones éclairées) au lieu d'économiser.
  • Remplacements « lampe pour lampe » qui conservent des niveaux d'éclairement excessifs ou des luminaires mal orientés.
La LED n'est donc pas la cause du problème. Mal spécifiée, elle peut l'aggraver ; bien spécifiée, elle est la solution la plus efficace disponible.

Questions fréquentes

Réduire la pollution lumineuse, est-ce réduire la sécurité ?

Pas nécessairement. La sécurité dépend surtout de l'uniformité, du contraste et de l'absence d'éblouissement, pas de la quantité brute de lumière. Une lumière bien dirigée éclaire mieux la chaussée qu'une lumière diffuse.

Faut-il forcément passer à 3 000 K ?

C'est la valeur recommandée par l'AMA et le plafond fixé en France pour les nouveaux luminaires. Les besoins réels (type de voie, proximité d'un site sensible, rendu des couleurs attendu) se vérifient au cas par cas.

Existe-t-il une loi sur la pollution lumineuse au Maroc ?

Nous n'en avons pas identifié à ce jour. Rien n'empêche un maître d'ouvrage d'intégrer dès maintenant des exigences d'ULR, de CCT et de gradation dans ses cahiers des charges.

Un retrofit LED réduit-il la pollution lumineuse ?

Seulement si le nouveau module est monté à plat, avec une optique adaptée et une température de couleur maîtrisée. Un retrofit dans une lanterne ouverte ou une boule diffusante conservera une partie du flux vers le ciel.

La télégestion aide-t-elle ?

Oui. Elle permet d'appliquer des profils de gradation par rue et par horaire, et de vérifier qu'ils sont bien respectés.

La pollution lumineuse n'est pas une fatalité liée à l'urbanisation. C'est, en grande partie, une question de spécification. Au Maroc, l'enjeu est double : réduire les factures d'énergie des communes et préserver un ciel nocturne qui reste, dans le Haut Atlas et le Sud, l'un des atouts du pays. Chez OPTIMUM LIGHT, nous accompagnons les collectivités et les bureaux d'études dans le choix de luminaires LED et de leur programmation : optique, température de couleur, gradation, télégestion. Vous préparez un projet d'éclairage public ? Contactez-nous pour en parler.

Sources

  • Falchi F. et al. (2016). The new world atlas of artificial night sky brightness. Science Advances, 2(6), e1600377. doi:10.1126/sciadv.1600377
  • Kyba C. C. M. et al. (2023). Citizen scientists report global rapid reductions in the visibility of stars from 2011 to 2022. Science. doi:10.1126/science.abq7781
  • NPR (21 juin 2016). Bright, Bluish-White LED Streetlamps Bad For Our Health, AMA Says. Article
  • COST LONNE — France 2018 lighting decree (synthèse de l'arrêté du 27 décembre 2018). Page — texte officiel à consulter sur Légifrance.

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