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Efficacité énergétique

Retrofit LED des luminaires SHP au Maroc : potentiel énergétique et enjeux d'exploitation

29 octobre 2026 · 9 min de lecture

Lanterne de style avant et après retrofit LED WILUXLED

Le retrofit LED en bref

Lanterne de style avant et après retrofit LED WILUXLED
Lanterne de style avant et après retrofit LED WILUXLED
Le retrofit LED consiste à conserver le corps du luminaire existant et à remplacer uniquement sa source lumineuse, une lampe au sodium haute pression (SHP) avec son ballast, par un module LED équipé de son driver et de son dissipateur. Sur un scénario de 1 000 luminaires SHP 250 W remplacés par des modules LED 100 W, le gain calculé est d'environ 63 % d'énergie, pour un retour sur investissement d'environ 2 ans (hypothèses détaillées plus bas).
Le sujet est d'actualité au Maroc. Fin 2022, une circulaire du ministère de l'Intérieur a demandé aux collectivités de réduire de 20 % à 30 % la consommation d'électricité des établissements publics et de l'éclairage public. Pour un parc de lanternes de style ou de luminaires encore en bon état, le retrofit est souvent le moyen le plus rapide d'y parvenir sans remplacer les mats ni les corps de luminaires.
Mais le gain énergétique n'est qu'une partie de la décision. Un retrofit réussi dépend aussi de l'état du luminaire hôte, de la photométrie obtenue sur la voie, de la gestion thermique et de la sécurité électrique. Cet article fait le point sur ces deux volets.

Pourquoi les luminaires SHP arrivent en fin de cycle

La lampe au sodium haute pression a longtemps été la référence de l'éclairage public marocain, car son efficacité lumineuse est élevée. Une lampe SHP 250 W de référence courante annonce par exemple 31 600 lm, soit environ 124 lm/W pour la lampe seule.
Ses limites sont ailleurs :
  • Rendu des couleurs médiocre : un indice de rendu des couleurs (IRC) de 25 et une température de couleur de 2 000 K, d'où la lumière orangée caractéristique, qui rend les couleurs difficiles à distinguer.
  • Appareillage énergivore et fragile : la lampe a besoin d'un ballast et d'un amorçeur. Le ballast ajoute ses propres pertes à la puissance de la lampe, et ces composants vieillissent.
  • Lumière omnidirectionnelle : une partie du flux est perdue dans le luminaire ou envoyée hors de la zone utile, alors qu'un module LED oriente la lumière grâce à ses optiques.
  • Pilotage limité : la gradation et la télégestion point par point sont beaucoup plus simples avec un driver LED.
Les villes marocaines ont commencé à basculer. Chefchaouen a remplacé plus de 5 200 luminaires au sodium par des LED, avec une baisse attendue de la facture de plus de 50 %. À Fès, la SDL visait dès 2019 une réduction de 60 % de la consommation sur environ 68 000 points lumineux.

Comment fonctionne un retrofit LED

Le retrofit garde le mât, la crosse et le corps du luminaire. On dépose la lampe SHP, le ballast et l'amorçeur, et on les remplace par un module LED complet : platine LED, driver et dissipateur thermique. Le module est fixé sur une plaque d'adaptation fabriquée sur mesure pour chaque modèle de luminaire, à partir d'un échantillon ou de sa référence exacte.
Module retrofit LED WILUXLED 2, IP66
Module retrofit LED WILUXLED 2, IP66
Les modules WILUXLED d'OPTIMUM LIGHT sont conçus pour ce type d'intervention :
CaractéristiqueWILUXLED 1WILUXLED 2
Puissance50 à 150 W50 à 200 W
Flux lumineux6 500 à 24 000 lm6 500 à 28 000 lm
Efficacité lumineuse130 à 160 lm/W130 à 160 lm/W
Type de LED30305050
ProtectionIP66, IK09IP66, IK09
Température de couleur3 000 à 6 500 K3 000 à 6 500 K
IRC> 80> 80
Protection surtension10 kV10 kV
DriverPhilips / MeanWell, intégréPhilips / MeanWell, intégré
Hauteur de feu conseillée6 à 12 m6 à 12 m
Le corps est en aluminium (EN AC-44100). La puissance est réglable par le courant du driver, et l'ULR annoncé est inférieur à 1 %, ce qui limite la lumière envoyée vers le ciel.
La même approche s'applique à des luminaires très différents : lanternes de style, luminaires routiers de première génération, et même luminaires artisanaux, grâce à un module universel.
Exemples de luminaires après retrofit LED : routiers, lanterne et luminaire décoratif
Exemples de luminaires après retrofit LED : routiers, lanterne et luminaire décoratif
Parmi les modèles déjà traités figurent des luminaires Selenium (Philips), Senso 2 (Schréder), Alliance (INDAL), RONDO et Ghisamestieri, ainsi que des lanternes Saint Jeannet et Vence (RAGNI), notamment à Zagora.
Module retrofit LED universel pour luminaires artisanaux
Module retrofit LED universel pour luminaires artisanaux

Potentiel énergétique : un cas chiffré sur 1 000 points lumineux

Pour un parc de 1 000 luminaires SHP 250 W passés en LED 100 W, l'économie atteint environ 695 000 kWh par an, soit 63 % de la consommation initiale. La consommation annuelle se calcule ainsi :
Consommation annuelle (kWh) = nombre de luminaires × puissance absorbée (kW) × durée d'allumage annuelle (h)
La puissance absorbée est la puissance réellement consommée : lampe + ballast pour le SHP, module + driver pour la LED.
ParamètreAvant : SHP 250 WAprès : module LED 100 W
Nombre de luminaires1 0001 000
Puissance absorbée retenue275 W (lampe + ballast)102 W (module + driver)
Durée d'allumage4 015 h/an (11 h/nuit)4 015 h/an (11 h/nuit)
Consommation annuelle1 104 125 kWh409 530 kWh
Coût de l'énergie (1,10 DH/kWh)1 214 537 DH/an450 483 DH/an
IndicateurValeur
Économie d'énergie694 595 kWh/an (− 63 %)
Économie financière764 054 DH/an
Investissement (fourniture et pose, 1 500 DH/module)1 500 000 DH
Temps de retour brutenviron 2 ans (1,96 an)
Hypothèses à adapter à chaque projet. Ce calcul reprend les données de notre fiche Retrofit LED de janvier 2023. Le tarif de 1,10 DH/kWh et le coût de 1 500 DH par module sont des valeurs de référence : il faut les remplacer par le tarif réellement facturé et le prix du marché. Le temps de retour est « brut » : il ne compte ni les économies de maintenance, ni l'actualisation.
Le point de vigilance principal : la lumière obtenue sur la voie. Un module de 100 W à 140 lm/W produit environ 14 000 lm, contre 31 600 lm pour une lampe SHP 250 W nue. Cet écart ne signifie pas forcément moins de lumière au sol, car le module LED oriente son flux alors qu'une partie du flux SHP est perdue dans le luminaire. Mais seule une étude photométrique, avec le luminaire hôte et la géométrie réelle de la voie, peut confirmer la puissance LED à retenir. Le ratio 250 W vers 100 W n'est donc pas une règle générale : c'est le résultat d'un dimensionnement.

Enjeux d'exploitation : ce qui fait réussir ou échouer un retrofit

Un retrofit se décide luminaire par luminaire, et ses résultats dépendent de six points que l'exploitant doit vérifier avant de commander.
  1. État du luminaire hôte. Le corps, la vasque, les joints et la fixation doivent être sains. Un luminaire corrodé ou dont la vasque est jaunie ne gagnera rien à recevoir un module neuf.
  2. Photométrie. L'étude doit montrer que l'éclairement et l'uniformité visés pour la voie sont atteints avec le module choisi, son optique et la hauteur de feu existante. Le choix de l'angle d'émission (60°, 90°, 145 × 100°, 150 × 80°…) est déterminant.
  3. Gestion thermique. La durée de vie des LED et du driver dépend de leur température. Le module doit intégrer son propre dissipateur et laisser l'air circuler dans un luminaire qui n'a pas été conçu pour lui.
  4. Sécurité électrique. Le câblage SHP est entièrement retiré. Il faut conserver la classe d'isolation (I ou II) du luminaire, raccorder correctement la terre, et prévoir une protection contre les surtensions : celle des modules WILUXLED va jusqu'à 10 kV.
  5. Responsabilité et traçabilité. Un luminaire modifié n'est plus le produit d'origine du fabricant. L'installateur doit documenter l'intervention (module, driver, plaque, repérage des points lumineux) pour la maintenance et les garanties.
  6. Pilotage et télégestion. C'est l'occasion de prévoir la gradation nocturne et la télégestion, qui ajoutent des économies au-delà du simple changement de source. Le driver choisi doit être compatible avec le système de gestion visé.
Côté maintenance, la LED supprime le remplacement périodique des lampes SHP et de leurs ballasts. Ces économies d'exploitation s'ajoutent au gain énergétique, mais elles dépendent du contrat de maintenance de chaque commune : elles ne sont donc pas incluses dans le calcul ci-dessus.

Retrofit ou remplacement complet : comment choisir

Le retrofit est pertinent quand le luminaire hôte est sain et a une valeur patrimoniale ou esthétique ; le remplacement complet l'emporte quand le corps est dégradé ou que l'optique ne permet pas d'atteindre les niveaux d'éclairement exigés.
SituationRetrofit LEDLuminaire LED neuf
Lanterne de style, luminaire patrimonial ou artisanalRecommandé : on garde l'esthétiquePossible, mais change l'aspect de la rue
Corps sain, vasque claire, joints en bon étatRecommandéSurdimensionné en coût
Corps corrodé, vasque jaunie ou casséeDéconseilléRecommandé
Niveaux d'éclairement non atteints par l'étude photométriqueDéconseilléRecommandé
Budget limité, besoin de résultats rapidesRecommandé : travaux légers, sans déposeInvestissement plus lourd
Modèles très hétérogènes sur le parcPossible, avec une plaque sur mesure par modèlePlus simple à standardiser

Questions fréquentes

Quelle économie d'énergie attendre d'un retrofit LED sur un luminaire SHP ?

Dans notre cas type (SHP 250 W remplacée par un module LED 100 W), le gain calculé est de 63 %. Le résultat réel dépend de la puissance LED retenue après étude photométrique.

Faut-il changer le mât ou le luminaire ?

Non. Le retrofit conserve le mât, la crosse et le corps du luminaire ; seule la source (lampe, ballast, amorçeur) est remplacée par un module LED.

Combien de temps faut-il pour amortir l'investissement ?

Environ 2 ans dans notre cas type, avec un module à 1 500 DH posé et un tarif de 1,10 DH/kWh. Le calcul doit être refait avec le tarif et les prix réels de chaque projet.

Le retrofit fonctionne-t-il sur les lanternes anciennes ou artisanales ?

Oui, à condition que le corps soit en bon état. Une plaque d'adaptation sur mesure, ou un module universel, permet d'intégrer la LED sans modifier l'aspect extérieur.

Peut-on ajouter la télégestion après un retrofit ?

Oui, si le driver choisi est compatible avec le système de gestion visé. C'est un critère à fixer dès la commande des modules.

Le retrofit LED est un levier rapide pour réduire la facture d'éclairage public tout en préservant les luminaires existants, à condition de s'appuyer sur un relevé du parc et une étude photométrique sérieuse. Basée à Casablanca, OPTIMUM LIGHT propose les modules WILUXLED, avec une plaque d'adaptation sur mesure pour chaque modèle de luminaire. Nos équipes réalisent le diagnostic du parc, le dimensionnement photométrique, le calcul de rentabilité et l'installation, avec une ouverture vers la télégestion de l'éclairage. Contactez-nous pour une étude de votre parc ou un essai sur un échantillon de vos luminaires.

Sources

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